Des informations exclusives rapportées par Afrique Confidentielle le 14 décembre 2024, Paul Biya, Président du Cameroun au pouvoir depuis 1982, serait candidat à l’élection présidentielle prévue en 2025. Son objectif, briguer un huitième mandat.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
Âgé de 91 ans, il demeure l’un des chefs d’État le plus ancien au pouvoir sur la scène internationale, avec un règne ininterrompu qui s’étend sur 42 ans.
Paul Biya est arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982, succédant à Ahmadou Ahidjo, après avoir été Premier ministre pendant sept ans (1975-1982).
Son accession à la présidence a marqué le début d’une ère qui a vu le Cameroun traverser plusieurs crises politiques et économiques, tout en préservant une relative stabilité dans un contexte régional souvent tumultueux.
Durant ses décennies au pouvoir, Paul Biya a été à la fois salué pour sa gestion de certaines crises régionales et notamment pour les nombreuses accusations de répression politique et de mauvaise gouvernance.
Son régime a été régulièrement accusé de limiter les libertés démocratiques, notamment à travers l’arrestation d’opposants et le contrôle strict des médias.
Par ailleurs, son gouvernement a dû faire face à des défis majeurs, tels que la montée des tensions dans les régions anglophones, les attaques de Boko Haram dans le nord du pays et une économie fragilisée par des fluctuations des prix des matières premières.
L’annonce de sa probable candidature pour un huitième mandat relance le débat sur la pérennité des dirigeants en Afrique et sur l’avenir politique du Cameroun.
De nombreux camerounais et observateurs internationaux s’interrogent sur la capacité du pays à opérer une transition politique dans un cadre pacifique.
Les défis économiques, sécuritaires et sociaux auxquels le Cameroun est confronté à des réformes profondes. Certains estiment que cette longévité politique pourrait freiner le renouvellement nécessaire des institutions et des pratiques de gouvernance.
Si cette candidature se confirme, elle représente un test pour l’opposition camerounaise, fragmentée et souvent affaiblie par la répression. Elle questionne également le rôle de la communauté internationale dans le soutien à des transitions démocratiques dans des pays où les dirigeants s’accrochent au pouvoir pendant des décennies.
Alors que le Cameroun se prépare pour cette échéance cruciale, l’éventuelle réélection de Paul Biya pose une question fondamentale : peut-il encore incarner l’avenir d’un pays en quête de renouveau ?
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