Des journalistes visitent une salle d'hospitalisation au CHU Yalgado Ouédraogo de Ouagadougu.
Le Ministère de la Santé, à travers la Direction de la communication et des relations presse (DCRP), organise, depuis le mardi, 22 juillet 2025, une caravane de presse dans des formations sanitaires publiques. Les hommes et femmes de média se sont rendus au Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalgado Ouédraogo mercredi dernier.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des mesures gouvernementales visant à améliorer l’accessibilité financière aux soins de santé au Burkina Faso.
Depuis le 13 mars 2024, une réduction significative des tarifs de plusieurs examens médicaux a été appliquée dans les structures sanitaires publiques.
La caravane vise à constater l’effectivité de cette mesure sur le terrain et de recueillir les impressions des usagers ainsi que celles des professionnels de santé. À cette occasion, les journalistes ont pu visiter, entre autres, les services d’imagerie médicale et de néphrologie du CHU Yalgado Ouédraogo.
Selon la Cheffe du service d’imagerie médicale, Pr Nina-Astrid Ouédraogo, le nombre de scanners réalisés a connu une hausse notable de 38 % depuis l’entrée en vigueur de la mesure. Cette augmentation se constate en comparant la moyenne des deux années précédentes à celle de l’année suivant la réduction des coûts.
Cette fréquentation accrue illustre, selon Pr Ouédraogo, un véritable engouement de la population pour les services d’imagerie, encouragé par la baisse des prix. Cependant, elle alerte sur les limites actuelles de la capacité d’accueil.
« Environ 75 % des patients repartent sans avoir obtenu de rendez-vous, faute de créneaux disponibles. Les 38 % d’augmentation ne représentent donc qu’un quart de la demande réelle. Le service ne dispose que d’un seul scanner, et les ressources humaines n’ont pas été renforcées malgré l’augmentation de la charge de travail», a-t-elle relevé.
Face à cette situation, Pr Ouédraogo lance un plaidoyer en faveur du renforcement des équipements. « Si nous avions deux scanners, l’un pourrait être dédié aux urgences et aux patients hospitalisés, et l’autre aux consultations externes. Cela nous permettrait de mieux coordonner nos activités et de répondre plus efficacement à la demande », a-t-elle lancé.
Pour sa part, le Dr Hassan Traoré, médecin néphrologue au CHU Yalgado Ouédraogo, salue les effets de la mesure sur la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale.
« Même si l’objectif n’était pas de saturer les centres de dialyse, la réduction des coûts a permis à de nombreuses personnes, autrefois exclues pour raisons financières, d’avoir enfin accès à ce traitement vital. C’est une avancée significative dans la lutte contre les maladies chroniques dans notre pays », a-t-il affirmé.
Un témoignage poignant est venu d’une patiente dialysée, qui a souhaité garder l’anonymat. Elle a exprimé sa reconnaissance envers les autorités pour cette réforme qu’elle qualifie de salutaire : « Avant, je ne pouvais pas suivre mes séances de dialyse à cause du coût. Aujourd’hui, grâce à la réduction, j’ai pu reprendre mon traitement régulièrement, et ma santé s’est nettement améliorée. »
Cette caravane d’information a permis de mesurer, au CHU Yalgado Ouédraogo, les effets concrets de la politique de réduction des coûts des soins de santé.
Les acteurs de prise en charge des patients ont également manifesté la nécessité d’un accompagnement structurel, notamment en matière de ressources humaines et d’équipements, pour garantir une prise en charge équitable, continue et durable de l’ensemble des patients.
Source : DCRP-MS

