Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a inauguré officiellement les deux data centers de l’administration publique le vendredi 23 janvier 2026 à Ouagadougou. Ils sont le symbole d’une souveraineté numérique affirmée, ont pour principal objectif de centraliser, sécuriser et maîtriser les données sensibles de l’État.
Par Jean Marc Kambou collaborateur
Il s’agit des données relatives à l’identité des citoyens, à l’état civil, à la sécurité nationale, aux finances publiques ainsi qu’aux systèmes d’information des différentes structures administratives.
A la date de cette cérémonie inaugurale, une partie de ces données était hébergée à l’étranger, exposant le pays à des risques liés à la perte de contrôle, aux législations étrangères et à la vulnérabilité sécuritaire.
Les nouvelles infrastructures sont réparties sur plusieurs sites distants de moins de 100 kilomètres les uns des autres.
Sur le plan technique, les deux data centers offrent une capacité de stockage globale estimée à environ 200 téraoctets, une puissance de calcul de 28 800 cœurs CPU et une mémoire de plus de 105 600 Go.
L’infrastructure permet de créer jusqu’à 7 000 machines virtuelles, avec un potentiel d’extension pouvant atteindre entre 10 000 et 12 000 machines en exploitation optimale.
Chaque ministère pourra ainsi disposer de 100 à 300 serveurs dédiés pour héberger ses applications et bases de données.
Comparativement à d’autres pays de la sous-région, le Burkina Faso se positionne désormais comme un acteur majeur en matière d’hébergement de données publiques, avec une capacité largement supérieure à celle de plusieurs États voisins.
Un accent particulier a été mis sur l’autonomie énergétique. Chaque site est alimenté par le réseau national, complété par des groupes électrogènes, des réservoirs de carburant et des dispositifs de secours permettant d’assurer entre cinq et dix jours de fonctionnement continu sans interruption.
Ces infrastructures sont appelées à héberger l’ensemble des plateformes numériques de l’administration publique, notamment celles liées à l’état civil, à la gestion des finances publiques, à la santé, à l’éducation, à l’identification électronique et à la dématérialisation des services administratifs.
Le coût global de réalisation des deux data centers est estimé à environ 15,2 milliards de francs CFA. Les charges d’exploitation sur les trois premières années sont évaluées à près de 500 millions de francs CFA.
Ce choix d’investissement permettra à l’État de réaliser d’importantes économies à moyen et long termes, comparativement à l’hébergement des données à l’étranger ou dans des centres privés, dont le coût aurait dépassé plusieurs dizaines de milliards de francs CFA sur dix ans.

