La commune rurale de Koubri a abrité, le samedi 31 janvier 2026, le lancement de la campagne nationale de mobilisation des eaux de surface à travers le curage de 100 barrages. L’objectif, selon le premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, qui a présidé la cérémonie, est de mobiliser 50 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires.
Par Yaniss Pognon
L’atteinte de l’autosuffisance alimentaire étant une priorité pour le gouvernement, son premier responsable, Jean Emmanuel Ouédraogo, a rappelé que la vision du chef de l’État est de garantir à chaque Burkinabè une alimentation suffisante.
Dans ce sens, Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé la population à la citoyenneté et à la collaboration avec les entreprises ayant en charge les travaux de curage des caniveaux.
C’est un acte nécessaire pour avoir de l’eau et assurer la pérennité des investissements, a-t-il ajouté.
Selon lui, la gestion des barrages est complexe parce qu’elle est confrontée à des défis majeurs et à des contraintes structurelles comme l’ensablement, la dégradation des digues et les dysfonctionnements des ouvrages d’évacuation.
Ce sont des facteurs qui réduisent la capacité de rétention de l’eau, affectant l’approvisionnement en eau et la conduite efficace des productions agropastorales et halieutiques en toute saison.
Au Burkina Faso, les statistiques indiquent qu’il y a 40 % de barrages qui sont fortement dégradés, 50 % qui le sont partiellement et 10% seulement sont en bon état avec une durée de vie moyenne estimée à 30 ans.
C’est une situation, selon le chef du gouvernement, qui impacte l’approvisionnement en eau potable, l’élevage, la pisciculture et, de manière particulièrement sensible, les productions maraîchères.
Il s’avère nécessaire d’entretenir les barrages pour espérer avoir de l’eau pour l’utiliser comme un «levier de développement.»
La commune de Koubri qui est choisie pour abriter le lancement de la campagne s’explique par les difficultés de son barrage sis à Gonsé. Il dispose d’une capacité initiale de 300 000 m³ mais qui est ramenée à environ 211 000 m³ en raison de l’ensablement et de l’envasement.
Les travaux sont financés par le budget de l’État 2026, et sont estimés à plus de 19 milliards de FCFA. Elles permettront de curer entre, 30 et 45 jours, près de 100 000 m³ de sédiments et de conforter la digue, afin de restaurer pleinement la capacité de stockage du barrage.

