03 janvier 1966 – 03 janvier 2025, 59 ans après, le Général Sangoulé Lamizana, père de l’armée burkinabè et pionnier de la CEDEAO, reste une figure emblématique de l’histoire nationale.
Par Jean Marc Kambou, collaborateur
Le général a eu une carrière militaire et politique exceptionnelle. En effet né le 31 janvier 1916 à Dianra, dans l’actuelle province du Sourou, Sangoulé Lamizana intègre, malgré lui, l’armée coloniale française en 1936 en tant que tirailleur sénégalais.
Il gravit les échelons militaires, participant à des campagnes en Indochine et en Algérie avant de revenir au pays pour jouer un rôle décisif dans la construction de la jeune nation indépendante, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso)
Le 1er novembre 1960, sous le leadership du Général Lamizana, l’armée voltaïque voit le jour, pierre angulaire de la défense nationale, avant d’être nommé chef d’état-major général des forces armées en 1961.
Ce projet de mettre en place une armée avait été présenté au président Maurice Yaméogo lors d’une cérémonie officielle avant sa chute.
À la suite des tensions sociales et politiques ayant conduit à la démission du président Maurice Yaméogo, le 3 janvier 1966, le président Lamizana assume la charge de chef de l’État jusqu’en 1980.
Durant ses 14 années de pouvoir, il s’efforce de stabiliser la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) par des réformes institutionnelles et économiques, tout en renforçant son armée, comme l’on le constate aujourd’hui.
Sous son mandat, la Constitution de 1970 voit le jour, instaurant un régime civilo-militaire. Malgré les tensions politiques, il parvient à maintenir un équilibre, mais les grèves généralisées de 1980 précipitent sa chute par le Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National (CMRPN) dirigé par saye Zerbo.
Le 3 janvier 1984, sous le régime révolutionnaire du capitaine Thomas Sankara, le Général Lamizana est jugé pour des soupçons de mauvaise gestion de deniers publics.
Cependant, les témoignages en sa faveur aboutissent à son acquittement, consolidant son image de dirigeant vertueux malgré les défis de son époque. Il sera réhabilité à la suite du procès.
Marié et père de neuf enfants, dont 7 survivants, le Général Lamizana a marqué l’histoire du Burkina Faso. Décédé le 26 mai 2005, il reste une figure emblématique du pays, saluée pour son leadership, son intégrité et sa vision.
Aujourd’hui, alors que l’on commémore les 59 ans de son accession au pouvoir, son parcours rappelle l’importance de la résilience et de l’engagement patriotique. Toute chose qui devrait inspirer les Burkinabé d’où qu’ils viennent ou d’où qu’ils soient afin que le pays puisse devenir un havre de paix et de prospérité.
C’est aussi le lieu de rappeler car intéressant d’évoquer le redressement économique et la résorption de la crise financière entrainée par la gabegie financière de Maurice Yaméogo. C’est ce redressement qui lui a donné la légitimité d’un long temps de gestion.
Face à notre contexte actuel, il est essentiel de porter un regard profond sur notre histoire et de nous inspirer des grands hommes et femmes qui ont tracé des sillons indélébiles dans l’histoire de notre pays.
Ces figures emblématiques, par leurs actions et leur engagement, sont des références qui doivent guider le Burkina Faso d’aujourd’hui.
Au regard de tout ce qui précède, nous lançons un cri de cœur aux plus hautes autorités, les décideurs, tout responsable au niveau central que déconcentré de revenir aux valeurs qui définissent réellement le Burkinabé. Chacun à son niveau doit être un modèle et un exemple à suivre.
A tous les Burkinabè, nous devons nous efforcer de devenir des modèles dans nos communautés, dans nos services en suivant l’exemple de ceux qui ont œuvré pour le bien-être et la prospérité de notre nation.
Si nous sommes la somme des héritages laissés par ceux qui ont marqué positivement notre pays, il est évident que c’est en suivant leur exemple que nous pourrons insuffler un nouveau souffle à notre nation.

